« Pour celui qui se hâte vers la perfection de la vie religieuse, il y a les enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme jusqu'aux cimes de la perfection. »

Traduction :

"Ceux qui nous ont précédé dans le bien..."




L'auteur des lignes qui vont suivre - récentes et inédites - se situe dans le contexte de l’Orthodoxie Russe qui n'est pas le nôtre. Son témoignage n’en n’est pas moins limpide, et de nature à faire réfléchir. Un avertissement aussi pour le monachisme latin contemporain.
Sauf indication contraire (+SP), toutes les notes de bas de page sont de l’auteur.




Le monachisme russe contemporain
entre interruption et continuité




Après soixante-dix ans de régime soviétique athée, l’Église Orthodoxe russe, et avec elle son millénaire monachisme, connaissent de nos jours une prodigieuse renaissance. Il s’agit d’un phénomène pour lequel on chercherait sans doute en vain des parallèles dans l’histoire du Christianisme. Comment une telle renaissance a-t-elle pu se produire ? Quel en est le « secret » ?

Dans mes conversations avec des moines [russes], j’entends souvent la plainte : « Notre propre tradition a été interrompue ! Il ne nous reste que de nous tourner vers nos frères athonites [1] pour réapprendre ce que c’est qu’être moine, parce que leur tradition monastique à eux n’a jamais été interrompue ».

Il y a évidemment du vrai dans ces plaintes et le recours à la tradition athonite est sans doute légitime. Il n’est d’ailleurs pas une nouveauté dans l’histoire russe ! Après les réformes de Pierre le Grand, il était devenu quasiment impossible en Russie de vivre en moine. Les plus zélés, comme par exemple Païsij Velichkovskij, se sont alors retirés dans les principautés roumaines où ils étaient les bienvenus.

À l’Athos, ils avaient connu le renouveau hésychaste grec et c’est cet esprit qu’ils ont su insuffler aux communautés qu’ils avaient fondées à l’étranger. Lorsque leurs disciples purent enfin retourner dans leur patrie, cet esprit d’un monachisme rajeuni par un recours à la meilleure tradition des saints Pères put aussi se répandre en Russie, où il a produit les fruits merveilleux que l’on connaît bien. Ne citons que, pars pro toto, le monastère d’Optina Poustyne.

Cependant, que veut-on dire exactement quand on parle de nos jours d’« interruption de la tradition monastique » ?
Il me semble que l’on pense le plus souvent à l’interruption des institutions monastiques, à la suppression puis la destruction des monastères. Or, il est important de prendre acte du fait que le monachisme comme institution est, historiquement, un phénomène secondaire par rapport au monachisme comme mouvement spirituel !


Saint-Pantéleimon, le monastère russe du Mont Athos.
Avant la révolution soviétique au début du 20e siècle, il était peuplé, à lui seul, de plus de 1'400 moines.

Haec dies ! (2)



La date de la fête de Pâques est un exemple typique de tradition ecclésiastique, inséparable de la Tradition, et qui participe de son immutabilité. De l’histoire de cette institution, qui est passée par de nombreuses péripéties, nous ne retiendrons que ce qui est théologiquement significatif.

Son principe fondateur se trouve dans le Christ lui-même : le fait historique de sa Résurrection. Celle-ci a eu lieu le premier jour de la semaine suivant la Pâque juive (le 14 Nizan du calendrier juif, conformément à la Loi promulguée par Moïse), jour qui fut appelé en conséquence par les chrétiens le ‘jour du Seigneur’ : dominica dies [6].

Or la célébration de la Résurrection du Christ n’est pas un simple anniversaire, à la manière des solennités politiques, mais une commémoration sacramentelle, la présence et l’actualisation du mystère du Salut, dont la Pâque juive était la préfiguration. C’est pourquoi l’Église célébra la fête de Pâques non pas à la date anniversaire au calendrier solaire, mais selon le comput hérité de l’Ancien Testament, à savoir selon le calendrier lunaire [7], la date étant calculée selon le calendrier julien - remontant à Jules César -, le calendrier alors universellement en usage dans l’empire romain.

L’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée indique qu’il en était ainsi à Rome sous le pontificat de Sixte Ier en l’an 120. Les Églises d’Asie Mineure conservaient toutefois la célébration au 14 Nizan du calendrier juif. Le Pape Anicet et saint Polycarpe conférèrent de cet usage dit ‘quartodéciman’ en 155, sans que la bonne entente en fut altérée. Mais le pape saint Victor (189-199) ne l’entendit pas ainsi. Il fit réunir des synodes en Orient et en Occident. Les Églises d’Asie s’obstinant, Victor les menaça d’excommunication, et saint Irénée intervint pour éviter cette mesure extrême. Nous ignorons ce qu’il advint par la suite, mais au siècle suivant l’usage quartodéciman avait disparu. Dès le 3e siècle, donc, la tradition était universelle : le jour de Pâque était le dimanche suivant la pleine lune équinoxiale de printemps.

Haec dies ! (1)


Voici le Jour qu'a fait le Seigneur !

(Verset de la Liturgie Pascale, emprunté au psaume 117)

L’idée d’un accord de tous les chrétiens entre eux sur la date de la fête de Pâques revient régulièrement sur la scène médiatique. Chaque année, on s’étonne de voir diverses communautés chrétiennes - les Églises orthodoxes en particulier - célébrer la Résurrection du Seigneur à plusieurs jours de décalage par rapport à l’usage de l’Église catholique.
Récemment, et dans l’intention explicite d’une unification, le Pape François proposait de fixer la célébration liturgique de Pâques au deuxième dimanche d’avril.
Une telle réforme - les fidèles attachés à la Tradition de l’Église l’imaginent sans peine - entraînerait un nouveau bouleversement de l’année liturgique. Mais quels sont, au juste, les arguments que l’on peut raisonnablement opposer à une telle initiative ? Le Pape n’a-t-il pas tout pouvoir sur la Liturgie, et donc celui de déterminer le calendrier des fêtes et des célébrations ?

Nous nous proposons d’examiner ici la question elle-même - la question de fond, non pas simplement l’une de ses répercussions : le Pape peut-il changer la date de Pâques ?

Pour ce faire il est nécessaire tout d’abord de considérer les principes de la Tradition de l’Église et de la valeur du temps liturgique. En effet, ce qui a toujours été vécu dans l’Église, sans qu’il ait paru nécessaire d’en faire une étude particulière ni d’en défendre le fondement, se voit aujourd’hui systématiquement ignoré ou remis en question. La théologie n’en a pas traité, ou très peu. L’incompréhension de ces vérités fondamentales, voire leur disparition, survenues au 20e siècle - peut-être avant - oblige à s’y appliquer désormais avec soin.

Le DE REGNO en ligne !




L'intégralité du

LIVRE PREMIER

du




DE REGNO

de


saint Thomas d'Aquin


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Plan du livre premier : de Regno I.


1. La royauté elle-même
2. Son contraire, la tyrannie
3. La rétribution divine
4. Conclusion : Récapitulation du livre premier DE REGNO






De Regno - Livre II :


Le gouvernement royal

SAINT ANTOINE LE GRAND

Père des moines
(251-356)

- fête liturgique le 17 janvier -

Antoine, entrant dans l’église un dimanche, entendit chanter l’évangile :

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi. » (Mt 19,21)

Sous la direction d’ascètes qui l’avaient précédé dans cette voie, il vendit tous ses biens et se retira en solitaire dans un sépulcre désaffecté, non loin du village, puis au désert, dans la montagne. Là, de nombreux disciples vinrent à lui, dont il devint le Père spirituel. Souhaitant se soustraire à la foule des fidèles qui, toujours davantage, accouraient à lui, il se retira dans le désert intérieur de la haute Thébaïde, tout en continuant à visiter, à intervalles réguliers, les ermitages et monastères de ses fils spirituels, et à recevoir des gens de toute condition venus quémander de la lumière et de la force spirituelles auprès de lui. Son biographe nous le décrit parfaitement détaché de tout ce qui le concernait personnellement, parce que profondément attaché à Dieu :

« Spirituellement pur, il n’était ni resserré par le chagrin, ni dilaté par le plaisir ; en lui, ni rire, ni tristesse, la multitude ne le troublait pas, tant de gens qui le saluaient ne lui causaient aucune joie excessive : toujours égal à lui-même, gouverné par la raison, naturel. »

Saint Antoine n'est pas le premier moine. Il est cependant à l’origine du mouvement monastique qui, par ses disciples, se propagea de façon spectaculaire autour de sa figure paternelle, en Égypte d'abord, puis dans tout le proche Orient. Le récit de sa vie, écrite par le Patriarche d’Alexandrie saint Athanase à la demande de moines latins, ainsi que la venue en Occident de nombreux ermites et cénobites issus des monastères égyptiens, palestiniens et syriens, contribuèrent à l’expansion rapide de l’idéal monastique à travers le monde latin. Saint Augustin y fait allusion dans des Confessions (VIII, 14-15).

La doctrine de saint Antoine est contenue dans sa Vie et dans ses Lettres. La retraite au désert transfigure le chrétien et rénove en lui la grâce du baptême. Pour aimer Dieu de tout son cœur le moine renonce à tout pour suivre le Christ au désert, séparé du commerce avec le monde, il peut affronter directement les tentations des démons, et obtenir pour toute l’Église les grâces et bénédictions du ciel.

On peut lire, en suivant ce lien, la VIE DE SAINT ANTOINE par saint Athanase dans une traduction française.