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Articles

Bède 'le Vénérable'

En 682, une épidémie de peste dévasta la Northumbrie. À l’abbaye Saint-Paul de Jarrow, tous les moines périrent, sauf deux : l’abbé Céolfrid, et un petit oblat d’une dizaine d’années que ses parents, avant de l’offrir au monastère, avaient fait baptiser sous le nom-programme de “Beda” : prière. Signe d’une grande destinée : Dieu gardait en vie, pour le placer sur le lampadaire, celui qui allait devenir le “père de la science anglaise”, une des grandes lumières du VIIIe siècle.

Saint Bède présente le type même d’une vie bénédictine idéale : comme un grand fleuve calme, immense, irrésistible. L’enfant est très tôt initié aux sciences sacrées et profanes par les maîtres les plus doctes de son temps rassemblés sous les voûtes du cloître : saint Benoît Biscop d’abord, puis Céolfrid, également saint Adamnan. Il apprend la liturgie à la suite d’un chantre expérimenté : tel un art de vivre, de parler et de se mouvoir en présence de Dieu. D’oblat, il devient moine profès par la ratification …
Articles récents

SAINT ROMAIN

Père spirituel de saint Benoît
fêté le 22 mai

Nous ne savons rien d’autre de saint Romain que ce qu’en a rapporté le pape saint Grégoire le Grand dans son deuxième livre des Dialogues. La figure discrète, et pourtant si attachante, du pieux moine italien n’en est pas moins révélatrice de la façon dont on envisageait la vie monastique et son apprentissage à l’époque de saint Benoît, c’est-à-dire à la naissance du monachisme bénédictin : saint Romain joua, en effet, un rôle primordial dans la formation du saint Patriarche des moines d’Occident.

Quel est ce rôle ? Écoutons saint Grégoire :
Benoît, plus désireux de souffrir les maux du monde que ses louanges, de se fatiguer dans les travaux de Dieu plus que d’être promu aux faveurs de cette vie, […] gagna une retraite située dans un lieu désert appelé Subiaco à quelques 40 milles de Rome : de là émanent des eaux fraîches et transparentes lesquelles, grâce à leur abondance, forment au début un grand lac qui, à la fin, poursuivent en rivière…

PASCHA NOSTRUM !

« Fête des fêtes, solennité des solennités ! »

Ainsi s'exclame saint Grégoire de Nazianze à propos de la fête de Pâques. C'est effectivement le sommet de l’année liturgique. On y célèbre l’accomplissement définitif de l’œuvre du Salut, car la Résurrection scelle la victoire du Christ sur la mort et sur le péché.

Tout ce qui précède la Résurrection du Christ n’en est que la condition et la préparation.
C’est par elle que l’Incarnation et les événements de la vie terrestre du Verbe incarné obtiennent leur effet qui est la résurrection des âmes, puis des corps :
Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ. (1 Co 15,22) Alors « les Anges tremblent en voyant renversé le sort des mortels : C’est la chair qui pèche et la chair qui purifie, un Dieu règne dans la chair même d’un Dieu » ! (hymne des Matines de l’Ascension)





Pâques est le jour de la nouvelle création, le jour que fait le Seigneur, comme nous le chantons pendant toute l’octave :
Voici …

Hadewijch d’Anvers 3)

La postérité d'Hadewijch
Hadewijch a exercé une très grande influence dans le siècle qui suivit sa mort. En témoignent les nombreux manuscrits de ses œuvres chez les chartreux et les chanoines réguliers.
Hadewijch IIDans sa postérité il faut compter tout d’abord une hypothétique Hadewijch II, dont les poèmes ont été joints à ceux d’Hadewijch dans les manuscrits, mais qui sont manifestement d’une autre main tout en se situant dans la même ligne de pensée. Hadewijch II s’exprime de manière plus intellectuelle et insiste sur la nudité de l’esprit et l’union à Dieu sans mode ni intermédiaire.
Maître Eckhart et ses disciplesMaître Eckhart et ses disciples, en particulier Tauler et Suso, mais aussi la mystique rhénane en général, sont en quelque manière tributaires de la pensée d’Hadewijch.
Eckhart (v.1260-1328), entré au couvent dominicain d’Erfurt, étudiant à Cologne puis à Paris, fut provincial de Saxonie, nommé en 1314 vicaire général de son Ordre tout en enseignant à Cologne. Ses pr…

Carême 1)

En tout métier, en tout état de vie, il y a des périodes de formation et d’entraînement. La vie chrétienne n’échappe pas à cette règle ; et la période d’entraînement et de formation en est précisément : le Carême.

Le Carême est la grande retraite de l’Église au désert, par laquelle elle se renouvelle et se prépare à célébrer le mystère du Salut et la victoire de son Chef. Les divergences de discipline que l’on observe, dans les différentes Églises de l’Orient et de l’Occident catholiques montrent que cette institution ne vient pas de la décision d’une autorité centrale, mais bien d’une inspiration du Saint Esprit.


Cette période de quarante jours de jeûne [1] et de pénitence, dont l’exemple nous a été montré par le Christ lui-même, a été canoniquement fixée par le Concile de Nicée au 4e siècle. Cette institution suit une tradition inaugurée par Moïse qui se retira au sommet du Sinaï pour recevoir la Loi. Le prophète Élie fit de même en marchant quarante jours vers cette montagne. Le…

Temps de la Septuagésime

Trois semaines avant le Carême, au dimanche que l’on appelle ‘de la Septuagésime’, la Liturgie se revêt déjà de la couleur sombre de la pénitence : le violet. Les chants de l’Alléluia et du Gloria sont suspendus. Selon les variations de la date de Pâques, ce dimanche de la Septuagésime peut se situer entre le 18 janvier et le 22 février. Dans l’ignorance où l’on est aujourd’hui de la Tradition liturgique, cet ‘avant-carême’ qu’est le temps de la Septuagésime risque de passer inaperçu, ou bien même paraître une complication inutile. Il n'en est rien.


Sans imposer aucune pénitence particulière, l’Église, en Occident, commence d’ores et déjà, de manière spirituelle, cette démarche de conversion qui se poursuivra tout au long du Carême.

La CHANDELEUR

L'origine de la fête La Présentation et la Rencontre La Purification de la Vierge

L’origine de la fête

L’évangéliste saint Luc rapporte que Marie et Joseph présentèrent l’enfant Jésus au temple, conformément à la loi de Moïse qui prescrivait l’offrande à Dieu de tous les premiers nés, en mémoire de la libération d’Égypte. Celle-ci s’était effectuée à la faveur d’un terrible châtiment divin, la mort des premiers-nés des Égyptiens, mais dont les enfants hébreux avaient été protégés :
Comme Pharaon s’obstinait à ne point nous laisser aller, Dieu fit mourir tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis les premiers-nés des hommes jusqu’aux premiers-nés des animaux. Voilà pourquoi j’offre en sacrifice à Dieu tout mâle premier-né des animaux, et je rachète tout premier-né de mes fils. Ce sera comme un signe sur ma main et comme des fronteaux entre mes yeux ; car c’est par la puissance de sa main que Dieu nous a fait sortir d’Égypte. (Ex 13,15-16) En mémoire et en action de grâce de ce…